Fiche Pays Ouganda

L'Ouganda

Intitulé officiel du pays : République d’Ouganda
Capitale : Kampala
Superficie : 241 038 km²
Population : 31 367 972 habitants
Peuples et ethnies : En Ouganda, il y a une trentaine de groupes ethniques différents. La région de Baganda est la plus importante d’entre elles.
Langues : le swahili, mais aussi l’anglais
Religions : Le christianisme reste majoritaire (45 % des Ougandais), l’anglicanisme est aussi dominant (35 % de la population), tandis que la religion musulmane reste minoritaire (10 %).
Institutions politiques : L’Ouganda est une République, avec un parti unique
Président de la République : Yoweri Museveni


Histoire d'Ouganda

L’Ouganda a été le théâtre d’affrontements européens : sa situation géographique, peu stratégique pour les puissances colonisatrices, a mené à la coexistence de quatre royaumes au sein du protectorat britannique, à la fin du XIXe siècle. Ces quatre royaumes sont le Buganda, le plus puissant de tous, le Bunyoro-Kitara, le Busoga et l’Ankole.


Avant la colonisation

Bien avant Jésus-Christ, il existait une région déjà bien attractive sur le continent africain : la région des Grands Lacs. Le climat doux et les sols limoneux sont propices à une agriculture fertile. C’est ainsi que les Bantous, une ethnie africaine très ancienne, se sont installés dans la région. Les pasteurs nilo-sahariens en ont fait de même. Sans le vouloir, ces deux groupes se sont alimentés mutuellement, sur le plan culturel et linguistique.

  • C’est sur cette base préhistorique que naissent les royaumes ougandais. Au XVe siècle, le Bunyoro est le premier royaume à être fondé. La puissance de son armée l’amène à conquérir l’Ouganda central dans sa grande majorité.
  • Mais ce règne ne sera pas éternellement absolu. Au cours du XVIIe siècle, le royaume connaît plusieurs graves conflits internes avec, entre autres, la proclamation d’indépendance d’une enclave au sein du Bunyoro : il s’agit de la province du Bouganda. Le fait est que cette province devient rapidement prépondérante : son roi est assisté par des nobles et mène une politique d’influence. Malgré tout, le Bouganda ne prend pas l’ascendant sur d’autres royaumes tels que le Toro ou bien l’Ankole, eux-même issus du royaume Bunyoro.

Domination britannique

Les navigateurs britanniques sont les premiers à découvrir l’Ouganda : à l’origine, ils étaient en quête des sources du fleuve égyptien, le Nil. C’est ainsi qu’ils sont arrivés en Ouganda, où le roi Mutesal I a reçu John Hanning Speke, le premier européen à avoir pénétré sur le sol ougandais. Il a également reçu Henry Morton Stanley, qui faisait de sa découverte une mission évangélistique envers le royaume.

  • En 1879, le premier missionnaire religieux atteint le Bouganda et s’y installe.
    En moins de dix ans, la guerre civile s’immisce dans le quotidien des Ougandais. Pour remédier à cela, et satisfaire leur propre intérêt stratégique, le Royaume-Uni décide d’intervenir dans le conflit interne. En effet, la Grande-Bretagne avait tout intérêt à ce que l’islam égyptien ne dépeigne pas au Kenya ni en Ouganda.
  • En 1894, un accord de protectorat est officiellement signé entre les Britanniques et le roi Mwanga, fils de Mutesa I. Les colonisateurs profitent alors de cet accord pour étendre leur influence sur les contrées voisines, en mobilisant notamment la puissante armée du Bouganda.
  • En peu de temps, les royaumes d’Ankole et de Toro passent sous le protectorat britannique. La colonisation est directe, contrairement au royaume du Bouganda, qui se voit octroyé une certaine indépendance de fonctionnement et de gestion. Le Bouganda évolue ainsi dans un système où sont privilégiées l’agriculture et la paysannerie, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. En revanche, une forte présence de missionnaires catholiques et protestants se fait sentir durant toutes ces années. L’Ouganda tel qu’on le connaît actuellement est une zone fortement touchée par le paludisme, bien qu’elle n’ait jamais consisté en une colonie de peuplement.
  • En revanche, dès 1945, des prétentions indépendantistes s’élèvent de manière pressante et systématique.
  • Plus précisément, en 1953, Kabaka Mutesa II s’exprime en faveur d’une indépendance individuelle. Cela ne plaît pas : il est exilé pendant trois ans dans la capitale britannique, à Londres.

Indépendance

S’engagent alors de longues négociations dans le but d’assurer l’indépendance de l’Ouganda. Les pourparlers débutent en 1962, mais très vite, les structures politiques sont un sujet de discorde. En effet, la première Constitution de l’Ouganda précisait qu’il s’agissait d’un pays de structuration fédérale, à savoir qui réunit ses quatre royaumes indépendants. Pourtant, le Bouganda conserve une réelle prédominance, à tel point que le pays porte le nom de cette province : l’Ouganda, traduit en swahili, signifie « le pays des Baganda ». Dans la foulée, Mutesa II obtient la présidence de l’Ouganda à vie. Il est rejoint par un Premier ministre nilotique, qui n’est nul autre que le fondateur du Congrès du Peuple Ougandais (UPC en anglais, pour Uganda People’s Congress) : Milton Obote. De là, vont naître de nouvelles tensions à l’échelle du politique entre, d’une part, les hommes influencés par la culture bantou, du sud, qui prônent le fédéralisme et la prééminence du Bouganda, et d’autre part, les hommes du nord, les nilotiques, qui sont favorables à la centralisation politique et économique.

  • En mai 1966, le Premier ministre Obote impose le choix de la centralisation. Il use d’un symbole fort pour cela : à l’aide d’Idi Amin Dada, son chef d’état-major, il destitue le roi du Bouganda. Dans la foulée, une nouvelle Constitution est promulguée sous l’impulsion d’Obote, afin d’instituer un régime présidentiel (avec parti unique) et d’abolir les royaumes.

Les dictatures d'Idi Amin Dada et d'Obote

L’intrusion par la force d’Obote et d’Amin Dada a pour conséquence d’ébranler la confiance des Baganda. En menant une politique de nationalisation des activités commerciales, Obote fait entrave aux intérêts économiques du Bouganda : le royaume décide alors d’accuser Obote de corruption et de lui imputer la responsabilité du déclin économique de la région.

  • Idi Amin Dada provoque un coup d’État et se retrouve aux commandes en janvier 1971. Il mène une politique très rigoriste : il en profite pour augmenter les effectifs de son armée, pour éliminer ses opposants et pour menacer les populations de l’ensemble du pays.
    Il est accusé d’avoir ordonné la mort de 200 000 personnes. Il mène également une politique économique protectionniste et discriminante : pour lui, les Asiatiques sont responsables du déclin économique de l’Ouganda, c’est pourquoi il en fait expulser 60 000 du territoire.
  • En 1978, le pays est à feu et à sang, au bord de la faillite : seuls les prêts accordés par des sympathisants musulmans d’Amin Dada maintiennent le bateau à flot. Amin Dada garde une logique expansionniste : ses prétentions de conquête sur le territoire de Tanzanie se retournent contre lui, puisqu’en novembre 1978, la Tanzanie réplique avec force et efficacité, poussant le dictateur de l’Ouganda à s’exiler.
    Une fois Amin Dada exilé en Arabie Saoudite, le Président de Tanzanie, Julius Nyerere, en profite pour pousser à la mise en place d’un régime civil. Mais c’est sans compter sur l’instabilité politique qui règne en Ouganda : trois Présidents se succèdent inutilement, provoquant de nouveaux conflits. En décembre 1980, Milton Obote est de retour sur la scène du pouvoir politique après une élection de son parti politique, l’UPC. C’est dans des conditions extrêmes que l’ancien Premier ministre prend le pays en charge : taux d’inflation insurmontable, famine qui accable les populations du nord.
  • L’année suivante est bien sombre pour le pouvoir politique ougandais : l’opposition est réprimée dès le départ de l’armée tanzanienne, des milliers d’Ougandais sont tués. Il se profile une double opposition au régime en place : au nord, les fidèles d’Amin Dada contiennent une partie des populations, au sud, la NRA (Armée Nationale de Résistance) est omniprésente dans le Baganda. Cette armée, au sud, est commandée par Yoweri Museveni. Une nouvelle décision d’Obote va provoquer des mouvements de rébellion : le Président nomme à des postes stratégiques, politiques mais aussi militaires, des personnes de l’ethnie des Lango.
  • Un nordiste appartenant à l’ethnie des Acholi (peuple nilotique), Tito Okello, porte un coup d’État réussi, forçant Obote à se réfugier en Zambie.
  • Peu de temps après, les combats font toujours rage : c’est après plusieurs jours d’affrontements à Kampala que la NRA peut amener Yoweri Museveni à la tête du pays.

Réformes

Le gouvernement fraîchement constitué entame de profondes réformes en Ouganda

  • A partir du début des années 1990, la situation économique de l’Ouganda est en amélioration : la croissance est là, l’inflation est raisonnable, les changes sont libres. Cela est concomitant à l’instauration, par Museveni, d’une union nationale pluriethnique au gouvernement, ce qui a permis de stabiliser le pouvoir en place et d’apaiser les conflits sociaux.
  • Cette volonté d’ouverture s’est manifestée à travers des actions clés, comme le lever d’interdiction sur la liberté des partis politiques (1992), ou bien via la restauration de la royauté au Bouganda, telle qu’espérée (en 1993, Mutebi II monte sur le trône du royaume).
  • L’année 1986 est marquée par de nouveaux affrontements et de nouvelles incertitudes, notamment au nord de l’Ouganda : l’Armée de la résistance du Seigneur mène une guérilla avec le soutien du Soudan. Cette action est une représaille suite au soutien de l’Ouganda à l’Armée de libération populaire, qui luttait contre l’islamisme de Khartoum. Une question politique continue d’agiter les Ougandais : fédéralisme ? Unitarisme ? A cela, une influence extérieure (organisations internationales, Etats-Unis) a permis de favoriser le multipartisme, à l’aide de soutiens financiers.
  • Le Président Museveni est aidé par les réfugiés tutsi du Rwanda afin de prendre le pouvoir en 1986. Il bénéficie d’ailleurs du soutien de l’actuel Président de Rwanda, qui fut une figure emblématique de cet épisode historique : Paul Kagamé. En retour, Museveni s’investit en soutenant Laurent-Désiré Kabila en 1994 et 1997, lors de la reconquête tutsi du Rwanda.
  • En 1999, le président Museveni se détache de ses alliés du Rwanda, au profit d’un accord avec le Congo démocratique de Kabila. Il ne parvient pas à contenir les affrontements au nord : le phénomène de guérilla se disperse dans le pays jusqu’à venir se concentrer au sud.
  • En juillet 2000, le gouvernement ougandais organise un référendum pour interroger le peuple sur le multipartisme. Étonnamment, les Ougandais refusent très largement ce mode de pouvoir : près de 91 % sont favorables au parti unique. Face à cela, le parti de l’opposition, le « DP », refuse d’accepter ces résultats. La même année, de violents combats opposent l’Ouganda et le Rwanda sur le territoire congolais, notamment à Kisangani.

Géographie d'Ouganda

L’Ouganda est un pays de taille relativement moyenne, recouverte largement par des lacs et des marais (1/5e de son territoire). Le pays abrite le somptueux lac Victoria, au carrefour des frontières avec le Soudan, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda et le Congo.
L’Ouganda dispose d’un terrain particulièrement plat, avec des variations d’aplanissements. Ces derniers oscillent entre 1 200 et 1 500 mètres. Cela permet d’abriter le lac Victoria, mais aussi le lac Kyoga. Malgré ces aplanissements, l’Ouganda dispose de reliefs beaucoup plus marqués : le fossé du Rift culmine à seulement 600 mètres, tandis que le horst du Ruwenzori atteint les 5 110 mètres. L’Ouganda possède un sol rocheux et volcanique : le cône de l’Elgon (à plus de 4 300 mètres) a été le lieu de nombreux accidents, tandis que le Moroto, un volcan inactif culminant à 3 050 mètres, constitue une barrière naturelle au Kenya et au Soudan.


Economie d'Ouganda

En raison d’un climat favorable et de sols fertiles, l’Ouganda compte parmi les plus grands exportateurs de café (7e au monde), mais la culture de la canne à sucre, des patates douces ou bien du coton sont aussi d’importantes sources de revenus. L’industrie et le commerce sont aux mains de familles riches, notamment indiennes. Cependant, la transition économique du pays est en plein développement : les infrastructures sont réhabilitées, les exportations et les investissements sont en hausse.


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