Fiche Pays Rwanda

Le Rwanda

Intitulé officiel du pays : République du Rwanda
Capitale : Kigali
Superficie : 26 338 km²
Population : 11 055 976 habitants
Ethnies et peuples : les trois principales ethnies rwandaises, qui parlent le kinyarwanda, sont les Twa, les Hutu et les Tutsi. Elles ont des croyances religieuses très similaires : elles vénèrent par exemple un seul Dieu, Imana, et ont les mêmes rites de mariage. Ces trois ethnies célèbrent d’ailleurs des alliances entre elles et revendiquent cette mixité. Elles ont connu une convergence de rites, de coutumes, de langages, notamment suite à la colonisation belge.
Langues : le kinyarwanda, le français et l’anglais
Institutions politiques : il s’agit d’une République
Président de la République : Paul Kagame, depuis 2000


Histoire du Rwanda

Les Pygmées sont les ancêtres des Rwandais, plus particulièrement des Twa. Cette population pygmée était déjà présente sur le territoire au VIe siècle, lorsque les Hutu sont arrivés dans la région des Lacs.

  • Des fouilles paléontologiques ont permis de détecter une présence humaine sur le territoire rwandais datant de plus de 1 000 ans avant Jésus-Christ. Une étude plus poussée de ces vestiges historiques a laissé entendre qu’une connaissance de la métallurgie du fer, mais aussi des poteries, s’était déjà développée. Cette culture découverte au Rwanda puiserait ses origines dans le bassin congolais et comporterait des similitudes avec le mode de vivre des Bantous de l’époque.
  • Entre le Xe et le XVe siècle, les Tutsi immigrent au Rwanda, après que les Hutu se soient installés entre le Ve et XIe siècle. Le peuple tutsi est majoritairement composé de pasteurs, tous issus du nord.
    Twa, Hutu et Tutsi partageaient alors une langue commune, le kinyarwanda. Dès le XIVe siècle, le pays est gouverné par la dynastie Nyiginya, avec le roi Mwami Ruganzu I Bwinba. Dans la culture rwandaise partagée par ces trois peuples, le Mwami ou roi symbolise le Dieu suprême, à savoir Imana sur terre. Il décidait même de l’organisation administrative de son pays : les chefs étaient désignés selon leur peuple d’origine. Ainsi, les chefs de sol étaient Hutu, les chefs de l’armée et de pâturages étaient Tutsi. De fait, le peuple tutsi disposait d’un grand pouvoir et donc d’un certain confort de vie. La plupart d’entre eux faisaient partie de l’aristocratie du pays.

La colonisation européenne

  • En 1858, la région des Grands Lacs est découverte par John Hanning Speke, un explorateur britannique. Cependant, il ne mettra pas un pied sur le territoire.
  • Un peu plus tard, dans les années 1880, quelques Allemands suivent les pas de Hanning Speke et viennent explorer le Rwanda. Des missions chrétiennes sont établies de façon permanente dans le pays.
  • En 1890, c’est le début de la colonisation allemande : le Rwanda s’appelle alors le Ruanda. Les Allemands colonisent également le Burundi (appelé Urundi). Ces deux pays s’ajoutent aux colonies que l’Allemagne possède déjà. Le Mwami Musinga proteste, en vain.
  • Durant la Première Guerre mondiale, en 1916, les Belges investissent le Rwanda après avoir chassé les Allemands, et finissent par occuper le pays. Le Rwanda est alors le territoire du Ruandi-Urundi. En 1923, le Rwanda est placé sous mandat de la Société des Nations et confié à la Belgique pour être administré. S’organise alors une refonte du mode de gouvernement : bien que la Belgique gouverne seule, elle s’appuie sur le Mwami, qui est encore un symbole fort, et sur l’aristocratie tutsi, qui disposait du pouvoir jusqu’à la période coloniale. Les réformes de 1926 viennent modifier les modes de partage des pouvoirs et rendent les fonctions de chefs successibles à leurs descendants.
  • Dans les années qui suivent, le Mwami Musinga est exilé au Congo après avoir été destitué. Mutara III Rudahigwa, son fils, est mis aux commandes par la Belgique. Il s’instaure alors une forme de relation entre la puissance coloniale, qui fait exécuter ses demandes, et la puissance administrative historique, qui est chargée d’exécuter ces demandes. C’est le cas par exemple des travaux de rénovation et de mise en valeur du patrimoine rwandais.
  • L’ensemble des hommes d’âge adulte des trois peuples rwandais est soumis à un recensement en 1934 : cela débouche sur la délivrance d’un livret d’identité individuel stipulant l’appartenance ethnique (Tutsi, Twa, Hutu).
    Les missions religieuses installées sur le territoire interviennent dans le domaine de l’éducation des populations, dans un but très didactique. Ces missions étaient protestantes durant la colonisation allemande et sont devenues catholiques avec l’influence belge. Dans le même temps, le nouveau Mwami Mutara, très jeune (il n’a que vingt ans) est baptisé. Dans les années 1940, les relations entre le pouvoir administratif et l’Église se dégradent, puisque des considérations ethniques sont mêlées à des revendications : les Hutu, qui étaient relativement écartés du pouvoir, demandent à y être associés au même titre que les Tutsi qui eux, sont en faveur du système des « chefs » anciennement présent sous l’arbitrage Mwami.
  • Dès 1956, le Mwami Mutara réclame l’indépendance du pays lors d’une séance au Conseil supérieur. Cette manœuvre étant favorable au rétablissement du système de chefs, les Hutu y voient une occasion de perdre encore des marges de négociation : ils font passer un maximum de réformes politiques, mais aussi sociales. Trois ans plus tard, alors que Mwami Mutara est prêt à faire sa réclamation devant les Nations unies, il est convoqué à la capitale rwandaise, Bujumbura.
  • Le 25 juillet 1959, le lendemain de sa convocation, la mort de Mutara est annoncée. Dans les jours qui suivent, le Rwanda plonge dans un chaos politique et civil.

La révolution des Hutu

Puisque le Mwami Mutura est décédé sans avoir d’héritier, c’est Kigeli V qui prend le pouvoir. Il est imposé par les conseillers du défunt Mutara mais ne convient pas aux Hutu, qui se sentent une nouvelle fois lésés. Kigeli V va alors mener une politique très ferme pour défendre les privilèges acquis et tenus par les Tutsi, notamment les aristocrates. Dès 1957, des revendications éclatent et débouchent sur des conflits entre communautés. Le Manifeste des Bahutus est rédigé grâce au parti politique favorable à l’émancipation des Hutus, le Parmehutu. L’Église se positionne en faveur de ces derniers. En novembre 1959, un politicien hutu est abattu : cela déclenche des affrontements et des révoltes sanglants. La communauté tutsi fait l’objet d’un véritable massacre.

  • En 1960, le Mwami Kigeli V quitte le Rwanda et près de 200 000 tutsis le suivent.
  • Un an plus tard, la République est proclamée par les Hutu. Ils organisent un référendum pour décider du mode de gouvernement : à 80 %, les Rwandais refusent d’instaurer une monarchie.
  • C’est alors que le Parmehutu gagne les élections en septembre 1961, après avoir obtenu 78 % des votes à l’Assemblée.
  • Plus exactement, Grégoire Kayibanda, alors leader du Parmehutu et secrétaire de l’archevêque du pays, devient Président de la République du Rwanda, le 26 octobre 1961. Il sera réélu en 1965 puis en 1969.

L’indépendance du Rwanda

  • Le 1er juillet 1962, la Belgique accède à la demande d’indépendance du Rwanda et reconnaît les élections démocratiques. Le parti hutu devient le MDR, Mouvement Démocratique Républicain et dominera la vie politique pendant une dizaine d’années.
  • L’année suivante, certains Tutsi jusqu’alors exilés, font une tentative de coup d’État, vainement. En conséquence, leur communauté fait l’objet d’un regain de haine et des massacres sont à nouveau commis.
  • Le climat social est très difficile : en 1966, certains Tutsi parviennent à passer la frontière du Rwanda, armés. Des scènes de violence se répandent dans des lieux publics, notamment dans des lieux d’enseignement, comme les écoles et l’université. Le Burundi, pays limitrophe du Rwanda, connaît les mêmes déchaînements : beaucoup de Tutsi s’y sont exilés et ont réussi à supprimer la monarchie. Les affrontements entre ces deux ethnies sont incessants, même au sein de leurs communautés respectives.

La deuxième République du Rwanda

  • Le Président en exercice en juillet 1973, Kayibanda, est destitué par un Hutu du nord, Juvénal Habyarimana. Dans la foulée, le MDR, ainsi que le Parlement, sont suspendus. Le général Habyarimana s’élève alors comme nouveau chef d’État allant à l’encontre de la discrimination ethnique voulue et tenue par Kayibanda. Pour cela, il instaure un système de quotas, notamment dans les écoles ou l’administration publique. Il se trouve qu’aucun Tutsi n’occupe les postes de maires ou de préfets.
  • En 1975, le président Habyarimana fonde le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND), dont il prend la tête. Il garde les fonctions exécutives d’État jusqu’en 1983, puis il est à nouveau reconduit en 1988.
  • Trois ans plus tard, le parti unique est validé dans une nouvelle Constitution.
  • Pendant ce temps, en Ouganda, quelques exilés Tutsi forment le FPR, Front Patriotique Rwandais, qui dispose du soutien de Hutu modérés. Ces Tutsi aident Museveni, lui aussi d’origine tutsi, à prendre le pouvoir en Ouganda. Ainsi, la France, la Belgique et des pays d’Afrique envoient des troupes armées pour contrer des coups d’État préparés depuis ce pays voisin.
  • En 1991, Habyarimana est contraint d’accepter une nouvelle Constitution qui instaure la démocratie pluraliste. De fait, il y a création d’un poste de Premier ministre et d’une Assemblée nationale de transition.

Le génocide rwandais

  • Pourtant, peu après, le pays bascule dans une période sombre, qui entachera son histoire. En août 1993, des accords sont conclus entre le MRND de Habyarimana, le FPR tutsi et les partis d’opposition. Ces accords symboliques sont signés en Tanzanie et définissent les modalités du partage de pouvoir. Face aux difficultés de mobilisations, de coalitions, le pays est en proie à l’invasion du FPR au nord : des milliers de Hutu sont tués.
  • Pire encore, le 6 avril 1994, les deux présidents du Rwanda et du Burundi, Hutu tous les deux, meurent dans l’avion qui devait les amener à Kigali. L’avion en question avait été abattu par des missiles, lancés par des Tutsi. Cela déclenchera une vague de violence contre les Tutsi. Des milices extrémistes assassinent même les Hutu modérés. On parle alors de véritable génocide : pas moins de 500 000 victimes sont comptabilisées. Malgré ce chaos ambiant, ni les Nations unies, ni la France, ni la Belgique n’interviennent.
  • Cela dit, en juin 1994, est lancée « l’Opération Turquoise » par les Français, avec un mandat onusien. Le sud-ouest du Rwanda dispose alors d’une zone de sécurité renforcée.
  • Un mois plus tard, le FPR prend le pouvoir, grâce à l’appui de l’Ouganda, venu s’emparer de la capitale, Kigali. Les FAR, Forces Armées Rwandaises, migrent vers les zones de sécurité du sud-ouest. Un effet de masse se produit alors : des milliers de réfugiés (près de 2 millions) se déplacent d’un bout à l’autre du pays pour échapper aux représailles. Les interventions humanitaires se multiplient mais ne suffisent pas à endiguer les maladies, les épidémies, qui se propagent dans les camps de réfugiés installés non loin de Goma.
  • Le FPR choisit de proposer des accords comme ceux de 1993, mais sans inclure le MRND, au motif de son implication forte dans le génocide tutsi. Pasteur Bizimungu est alors Président : sous son mandat, le régime a une composante tutsi et militaire. Son pouvoir n’est pas critiquable : Seth Sendashonga, ministre de l’Intérieur, est démis de ses fonctions après avoir qualifié le régime de dérivant, puis il est assassiné en 1998 à Nairobi. D’autre part, le Premier ministre hutu démissionne : il est remplacé par un partisan du FPR. Le climat politique est incertain, empreint de corruption : les organisations internationales, de même que la Ligue rwandaise des droits de l’homme, dénoncent la suspicion ambiante qui caractérise le pays.

Le problème des réfugiés

Les réfugiés Hutu, partis s’exiler au Zaïre et dans des zones de protection renforcée, sont vite contraints de rentrer chez eux. Le climat régnant au Rwanda n’incite en rien des émigrations vers leur pays d’origine. De fait, les organisations internationales vont exercer une forte pression sur les dirigeants rwandais pour favoriser leur retour en toute tranquillité.

  • Pour autant, cela n’aura pas l’effet escompté. Le régime devient plus dur encore dans sa politique ethnique et dès 1995, les dirigeants font évacuer les camps de réfugiés situés dans la zone protégée du pays. Les minorités sont exécutées : le camp de Kihebo fait état de plusieurs centaines de morts, à cause de l’armée tutsi.
  • Le 9 juin 1995, les dirigeants imposent une baisse des effets de la MINUAR en place au Rwanda, ce à quoi le Conseil de sécurité des Nations unies cède.
  • En représailles, jusqu’en décembre 1995, le gouvernement expulse du territoire rwandais pas moins de 43 ONG ayant dénoncé le massacre au camp de Kihebo.
  • Les réfugiés Hutu sont contraints de fuir dans les forêts du Zaïre, après que l’Ouganda ait envoyé des troupes de soutien au pouvoir en place au Rwanda. Beaucoup de ces réfugiés sont massacrés par des rebelles, des Tutsi rwandais ou zaïrois.
  • Dès 1998, l’ONU choisit d’intervenir plus âprement dans ce conflit interne. Elle demande une autorisation d’enquête auprès du Congo, qui lui est refusée. Elle décide alors de suspendre la participation de ce pays au sein des Nations unies. En juin, l’ONU établit un rapport accusant l’armée du Rwanda et les troupes de Kabila (alors au pouvoir) d’avoir commis des actes qu’elle qualifie de « génocide » entre 1996 et 1997.

Tribunal pénal international

Suite aux différents accords de 1993, les accords dits d’Arusha (Tanzanie), l’ONU avait décidé de créer un TPR, Tribunal Pénal International pour le Rwanda, pour juger les auteurs du génocide perpétré pendant des mois. Ce TPR a été fondé en novembre 1994. En février 1996, le juge, procureur du TPR, Honoré Rakotomanana, annonce les deux mandats d’arrestation contre des responsables hutu. Le nombre de responsables du génocide emprisonnés ne cesse d’augmenter : il passe de 28 000 en 1995 à 69 000 en 1996.

  • Les procédures de jugement sont lancées le 10 janvier 1997, avec l’audition par le TPR du premier témoin. Ce dernier, en poste au sein du gouvernement rwandais pendant le génocide, déclare qu’il était informé des projets d’exécution envers la communauté des Tutsi.
  • En mai 1998, après avoir été jugées coupables de génocide, 22 personnes sont condamnées à l’exécution. Suite à cela, le Rwanda expulse de son territoire le porte-parole de la mission du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU. S’en suit une période de dénonciation collective : beaucoup de Hutu modérés se voient reprocher d’avoir quitté le gouvernement « au bon moment ». Même chose pour l’Ouganda, qui n’avait pas apporté son soutien au Rwanda lors de l’affaire des 300 000 réfugiés hutu de la région du Kivu, tous disparus sans explication.
  • En juin 1999, le gouvernement auto-proclame un renouvellement pour une période de quatre ans.
  • Pour autant, en mars 2000, Pasteur Bizimungu démissionne. De nouvelles élections sont organisées et c’est Paul Kagamé qui élu Président de la République. Il est élu par les membres du gouvernement mais aussi par les députés. Il récolte 81 voix face à son adversaire, Charles Murigande, qui en récolte 5.

Géographie du Rwanda

Le Rwanda fait partie de l'Afrique des Grands Lacs
Aussi surnommé le « Pays des mille collines », le Rwanda dispose d’un relief bien particulier. Des volcans de plus de 4 000 mètres bordent sa frontière au nord, une immense forêt, celle de Nyungwe, s’élève au sud-ouest, tandis que des marais se trouvent à l’est (Akagera) et au sud-est (Bugesera). Le Rwanda abrite également un superbe point d’eau, le lac Kivu, à l’ouest. La capitale rwandaise est située en hauteur : Kigali est à 1 400 mètres d’altitude. Le pays bénéficie d’un climat plutôt favorable, en raison de sa situation surélevée proche de l’équateur : même si quelques régions montagneuses ont des températures basses l’hiver, les températures annuelles se situent entre 18 et 20 degrés.


Economie du Rwanda

Le Rwanda vit avant tout de ses cultures et ses récoltes : plus de 90 % de la population travaillent dans le domaine agricole. De même, le pays est très peu industrialisé, pas plus qu’il ne dispose de ressources naturelles exploitables. Son économie n’est pas florissante : les investisseurs considèrent le pays comme une zone d’investissements très risquée. Cette situation est héritée des actes de génocide perpétrés en 1994 : tant sur le plan interne qu’international, la confiance envers ce pays s’est lourdement affaissée.
Aujourd’hui, le pays est dans une phase de réhabilitation économique et sociale. Il bénéficie du soutien de l’aide internationale et du commerce équitable pour le thé et le café.
Le Rwanda a justement signé un programme financier avec le FMI, Fonds Monétaire International, en juin 1998. Le pays souhaitait également se tourner vers un système de privatisation.


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