Fiche pays Laos

Laos

Nom officiel du pays : République démocratique populaire lao
Capitale : Vientiane
Superficie : 236 800 km²
Population : 6 667 534 d’habitants en 2013
Peuples et ethnies : La population du Laos est une des plus diverses du monde, puisque les ethnologues recensent la présence de pas moins de 68 ethnies. Le Front lao d'édification nationale en reconnaît 47.
Les ethnies sont classées officiellement en trois grands groupes :
  • Les Lao Lum : les "Lao des plaines" forment la majeure partie de la population (68 % des habitants). L'ethnie principale sont les Laos, qui donnent leur nom à la langue officielle du pays. Mais ce groupe comporte aussi de nombreuses ethnies qui parlent le Tai (Tai Lu, Tau Neua, Tai dam, Tai Deng, etc.). Les linguistes classent le lao dans le sein des langues taïes-kadaïes.
  • Les Lao Theung : les "Lao des versants" regroupent le plus grand nombre d'ethnies, soit 31, mais sont minoritaires au sein de la population, puisqu'ils représentent seulement 22 % des habitants. Leur langue est le môn-khmer. Comme ces ethnies habitent l'est de l'Asie, elles sont aussi appelées austro-asiatiques : on y retrouve les Kuemu (Khmou ou Khmu), Pray, Singmou, Khom, Thene, Idou, Bit, Lamed, Samtao, Katang, Makong, Try, Trieng, Ta-oi, Yeh, Brao, Harak, Katou, Oi, Krieng, Yarou, Yeh, Souai, Gnaheune, Lavy, Kabkae, Khmer, Toum, Ngouane, Meuan et Kri. Vous entendrez régulièrement ces ethnies être appelées, Kha, ce qui veut dire "esclave" en Lao. C'est en effet la partie de la population qui est la plus pauvre et la moins bien considérée.
  • Les Lao Sung : Les "Lao des sommets" constituent moins de 10 % de la population totale du pays. L'ethnie Hmong ressort particulièrement du lot, puisque c'est la plus grande ethnie minoritaire du pays. Les Yao font aussi partie de groupe. Ces deux peuples parlent la langue hmong-mien. C'est aussi dans ce groupe que sont classés les Sino-tibétains : Akha, Sing, Sali, Lahou, Sila, Hayi, Lolo et Hor.
Langues : Lao
Religions : Le Laos est une terre aux multiples religions. Toutefois, la plupart des habitants du pays reconnaissent la foi bouddhiste. Ils pratiquent soit le bouddhisme du Petit Véhicule, c'est-à-dire une des formes les plus anciennes du bouddhisme. Pour s'assurer de la coexistence de toutes ces religions, les autorités communistes ont créé le Front Lao d’Édification Nationale, qui veillent aussi à la préservation des traditions des ethnies minoritaires.
Régime politique : République, état communiste à parti unique
Président de la république et Secrétaire général du Parti : Bounnhang Vorachith
Premier Ministre : Thongloun Sisoulith
Monnaie : Kip


Histoire du Laos

L'histoire du Laos plonge profondément dans les premières heures de l'Humanité. Les mystérieuses ruines de la plaine des Jarres ne manquent ainsi pas d'étonner les chercheurs, mais aussi les touristes. L'influence des Khmers est attesté dès le Ve siècle de l'ère chrétienne. Ils apportent avec eux l'hindouisme, puis le bouddhisme. Tout au sud du Laos, les vestiges archéologiques de Vat Phou témoignent de cette époque révolue.


Puis, à partir du XIIe siècle, de nombreux Tai émigrent dans le pays. C'est en 1353 que le pays est unifié une première fois, sous le nom de Lan Xang ("pays du million d'éléphants"). Son premier roi est Fa Ngum, et sa première capitale Luang Prabang. Le bouddhisme y fait des progrès considérables. La capitale est déplacée à Vientiane en 1560. Signe de l'important du Lan Xang, il conquiert pour un temps le royaume voisin de Chiang Mai. Mais le pays connaît ensuite une période de déclin entre le XVIIe et XVIIIe siècle, et passe sous la coupe des Birmans, des Chinois ou encore des Siamois.


Le Siam affirme son contrôle sur les trois royaumes du Laos (Luang Prabang, Vientiane et Champassak) en s'emparant de Vientiane en 1798. Cette situation durera jusqu'aux toutes dernières années du XIXe siècle. C'est alors que les Français entrent dans la danse. Auguste Pavie, diplomate en poste à Luang Prabang, appuyé par les canonnières de la marine français, contraint le Siam à céder le Laos oriental à la France, en 1893. Cette partie du pays rejoint l'Union indochinoise en 1899. L'écrasante majorité de la population continue de vivre dans le Lan-xang occidental, toujours investi par le Siam. Le Laos est donc alors un pays morcelé en une multitude de petits territoires.


Sisavang Vong est un des plus longs règnes de l'histoire du Laos : il dirige le pays entre 1904 et 1959. De nombreux événements d'importance ont lieu tandis qu'il occupe le trône : les deux conflits mondiaux, bien sûr, mais aussi l'unification du Royaume du Laos ainsi que son indépendance, consécutive à la fin de la guerre d'Indochine. Mais il assiste aussi au début de la guerre civile qui déchire le Laos jusqu'en 1973.


Durant les premières années de la Seconde Guerre mondiale, l'Empire du Japon fait des progrès fulgurants en Asie du sud-est, allant jusqu'à annexer l'Indochine française, dont fait partie le Laos. Toutefois, les Japonais reconnaissant le régime de Vichy, l'apparence de la domination reste aux Français : ce sont toujours des Français qui administrent le pays. La Thaïlande profite de la situation pour envahir les territoires situés à l'ouest du paisible Mékong. Toutefois, à l'exception notable de cette épisode, l'Indochine se tient à l'écart des combats. Pour contrer l'influence française dans la région, les Japonais décident de favoriser l'indépendance des pays de l'Union indochinoise. Cela ne va pas sans mal, car le roi Sisavan Vong tient particulièrement à l'alliance avec les Français. Isolé, soumis à des pressions japonaises, il cède cependant le 8 avril 1945, et proclame l'indépendance. Après la capitulation japonaise signée le 2 septembre 1954, le prince Phetsarath Rattanavongsa alors Premier ministre, réalise un coup d'état pour tenter de préserver le pays du retour des Français. Cette tentative éphémère de Laos libre '("Lao Issara") connaît pourtant un échec cuisant, et en 1946, le Laos est à nouveau un état centralisé, comprenant les royaumes de Champassak et de Luang Prabang, mais au sein de l'Union française. Le pays est même doté d'une autonomie accrue en 1949. Toutefois, ce n'est bien sûr pas du goût des indépendantistes, regroupés autour du prince Souphanouvong, affilié au Việt Minh. Pour lutter contre les Français, Souphanouvong met en place le Pathet Lao, qui gagne en influence dans tout le pays. Au cours de la guerre d'Indochine, le Laos est envahi par le Việt Minh, ce qui ouvre une guerre civile. Le Pathet Lao participe aux intenses efforts diplomatiques qui accompagnent la signature des accords de Genève, le 20 juillet 1954.


Un gouvernement d'union nationale, sous la pression des Américains, s'impose en 1962. Toutefois, le pays est toujours divisé. Le sud du pays est occupé par les forces anticommunistes, appuyées par les Américains, tandis que le nord reste le domaine du Pathet Lao. Pour protéger le sud du Vietnam et la Thaïlande, le président Kennedy souhaite en effet garder le Laos et le Cambodge en dehors du conflit qui couve. Un traité est signé, stipulant que si les Américains se retirent du pays, alors l'armée du Nord-Vietnam devra en faire de même.


Pourtant, cette dernière ne tient pas ses engagements. La piste Hô Chi Minh, vitale pour son ravitaillement dans le cadre du conflit vietnamien, parcourt en effet le Laos, en plein territoire du Pathet Lao. Ce dernier prend le contrôle de la partie orientale du pays en 1963. En réponse, les États-Unis envoient leurs forces spéciales dans le sud du pays, tandis que les services secrets américains militarisent les tribus minoritaires du pays, surtout celles vivant dans les montagnes, par exemple les Hmongs. Si la neutralité du Laos est plus ou moins conservée dans le conflit vietnamien, le pays est ravagé par la guerre civile, malgré les efforts diplomatiques et politiques du Premier ministre Souvanna Phouma.


Le Laos n'est pas épargné par les dégâts collatéraux de la guerre du Vietnam. En effet, les États-Unis, soucieux d'affirmer leur force, pratiquent le bombardement à outrance, pour tirer avantage de leur écrasante supériorité aérienne. L'opération Rolling Thunder sévit entre 1964 et 1969, en particulier dans l'immense plaine des Jarres, un objectif dénué de toute signification militaire, puisque la Piste Hô Chi Minh s'en écarte. D'après des sources américaines citées dans les Pentagon Papers, le Laos est la cible d'environ 500 raids par mois une infime partie des centaines de milliers d'attaques livrées par les Américains dans l'ancienne Indochine. L'absurdité et la violence de Rolling Thunder font grand bruit en Occident, et en particulier en Amérique, surtout après le livre de Fred Branfman, Voices from the Plain of Jars : Life under an Air War, publié en 1972.


La guerre civile fait rage jusqu'en 1973. Les deux camps qui s'opposent sont le gouvernement royal, s'appuyant sur les milices Hmongs armées par les Américains, et la rébellion communiste du nord et de l'est du pays, alliée au Viet Cong. Une trêve est décidée le 22 février 1973. Le 5 avril 1974, les communistes du Pathet Lao entrent dans le gouvernement, dont le Premier ministre est toujours Souvanna Phouma. Toutefois, la santé de ce dernier, minée par des années d'effort, décline, et le Pathet Lao en profite pour réaliser un coup d'état en 1975. Le roi Savang Vatthana ainsi que le reste de la famille royale sont contraints d'abdiquer le 2 décembre 1975. Ils seront ensuite emprisonnés dans un camp d'internement, où ils mourront.


Après le départ de la famille royale, le pouvoir est partagé entre Souphanouvong, qui prend la tête de l'état, et Kaysone Phomvihane qui devient Premier ministre. Le régime politique adopté est celui du parti unique, et le pays est renommé République démocratique populaire lao. L'établissement de ce nouveau régime ne va pas sans heurts, puisque l'on estime qu'environ 10 % de la population sont contraints à l'exil entre 1975 et 1987. Le pays collabore alors étroitement avec le Vietnam et l'URSS. Toutefois, à partir de 1989, le Laos rompt avec cette dernière, pour se tourner vers ses partenaires régionaux, avec qui ils nouent des liens plus étroits, notamment avec la Thaïlande. Une politique qui verra sa concrétisation avec son entrée à l'ASEAN en 1997, ce qui lui permet de participer aux grands projets régionaux, notamment en matière de routes et de réseaux électriques. Une constitution est adoptée en 1991. Le pays a fait le choix de se tourner vers le tourisme pour se développer.



Géographie

Le Laos est un pays situé entre le 14e et le 22e parallèles nord. Son territoire s'étend sur 236.800 km² de superficie. Totalement enclavé au milieu des terres, il est bordé par la Birmanie (150 kilomètres de frontière), le Cambodge (150 kilomètres) la Chine (200 kilomètres), la Thaïlande (1.000 kilomètres) et bien sûr le Vietnam (1.000 kilomètres). C'est un pays très escarpé, puisque 70 % de son territoire sont constitués de montagnes ou de plateaux. Le Mékong serpente sur 1.898 km au Laos, ce qui représente presque la moitié de son cours total. Il forme une frontière naturelle avec la Thaïlande. Le pays mesure presque 1.000 kilomètres de long entre son point le plus septentrional et son point le plus méridional, mais il est par contre plutôt étroit.


Le point le plus haut des montagnes laotiennes est atteint par le Phou Bia, dont la cime se trouve à 2.820 mètres d'altitude. Les montagnes s'étendent aussi à l'est, dans la chaîne annamitique (dont le plus haut sommet est le Rao Co, avec 2.286 mètres d'altitude), et constitue une frontière naturelle avec le Vietnam.


Comme tout pays au climat tropical, le Laos connaît deux saisons, et de fortes moussons. La saison sèche dure entre octobre et avril, tandis que la saison des pluies a lieu entre mai et septembre. Les températures sont minimales entre décembre et janvier, et avoisinent les 15°C, tandis qu'elles atteignent un pic en mars-avril, avec 30°C. Les mois d'octobre et de novembre sont les plus pluvieux.

La forêt a été très endommagée par les bombardements américains et le défoliant, mais couvre toujours plus de la moitié du pays.




Economie

Pour espérer rattraper son retard économique, et continuer de s'intégrer dans les circuits régionaux et internationaux, le Laos doit développer ses infrastructures, pour l'instant très modestes. Le réseau téléphonique est ainsi quasiment inexistant, tandis que les routes présentes ne sont pas toujours entretenues et souvent inondées durant la mousson. Le pays pâtit aussi de la faiblesse de son réseau ferroviaire.


Le Laos s'est progressivement ouvert aux pratiques économiques modernes à partir de 1986, avec les "Nouveaux mécanismes économiques". Un Code des investissements a été adopté deux ans plus tard, et un Programme d'ajustement structurel en 1989. Le Laos a fait appel à des institutions internationales, puisqu'il a reçu l'appui de la Banque mondiale et du FMI. Le tourisme est le secteur de l'économie qui attire la majeure partie des investissements étrangers. Le Laos a aussi un grand projet de barrage hydroélectrique, dont Électricité de France qui est partie de France. La bourse de Vientiane a vu le jour en octobre 2010.


Le Laos reste cependant un des pays les plus pauvres du monde, avec un revenu par habitant qui dépasse à peine les 300 dollars. Le pays compte largement sur les aides internationales, et en particulier sur l'aide de la Banque asiatique de développement.


Le Laos peut compter sur de riches gisements de minéraux (zinc et cuivre) et de charbon. Ses mines réalisent en effet plus de la moitié des exportations du pays.


Agriculture Laos

Le Laos reste un pays essentiellement agricole. 80 % de ses habitants travaillent dans le secteur agricole, qui correspond à 42 % du PIB en 2009. Les rizières parsèment ainsi le paysage du Laos. Outre le riz, le pays cultive le maïs et les fécules, mais est aussi un exportateur de café, de cacahuètes, ainsi que de coton et de tabac.

Le Laos est aussi un grand producteur d'opium, le troisième au monde après l'Afghanistan et la Birmanie.
L'agriculture traditionnelle du Laos se pratique sur brûlis, c'est-à-dire sur les cendres des produits du déchiffrement d'une partie de la jungle. Le principal problème de l'agriculture laotienne est l'érosion des sols, due à la surpopulation.




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